24.05.2006

Trois petits tours...


Trois petits tours...

Maman, pourquoi embrasser mes yeux,
ils n'en seront pas plus beaux,
Pourquoi te dire que tout est mieux,
puisque ce monde est un salaud,

L'automne s'en va sans son manteau,
ainsi vont les feuilles aussi,

Personne n'aimera jamais mes mots,
et personne ne m'aimera plus dans mon lit,

Quelqu'un rallie ma vie à Dieu,
tout doit mourir et tout doit naître,

Désolé Maman, pour ces adieux,
ce paraître qui ne veut plus être,

J'aurai du savoir, irrémédiablement,
Que partir serait inconvenant,

Pourtant vois tu c’était si doux,
si doux de l’avoir dans mes bras,

Pourtant vois tu c’était que nous,
que nous qu’on embrassait comme ça,

Les évidences nous opposent,
mais il me disait toujours je t’aime,

Aujourd’hui j’ai même droit aux roses,
gardez vos chrysanthèmes,

Je ne veux plus les sourires, sauf si le sien arrive à moi,
Je ne veux plus d’une famille, qui trois petits tours …
Et puis s’en va…

 Maman, pourquoi renouer ma cravate,
je n’en serai pas moins pédé,

Pourquoi te dire que je suis coupable,
puisque ce monde tu me l’as volé,

L’hiver se pose comme un oiseau,
ainsi s’achève ma vie ici,

Personne ne lire jamais ces mots,
tu les brûleras et c’est ainsi,

Quelqu’un confie ma vie à Dieu,
tout ce qui respire va disparaître,

Désolé Maman pour ces adieux,
cet être qui ne voulait plus paraître,

J’aurai du savoir, inévitablement,
Que mourir serait inconvenant,

 Pourtant vois tu c’était si doux,
si doux de l’avoir dans mes bras,

Pourtant vois tu c’était que nous,
que nous qu’on embrassait comme ça,

Les évidences nous opposent,
mais il me disait toujours je t’aime,

Aujourd’hui j’ai même droit aux roses,
gardez vos chrysanthèmes,

Je ne veux plus les sourires, sauf si le sien arrive à moi,
Je ne veux plus d’une famille, qui trois petits tours …
Et puis s’en va…

Pourtant vois tu c’était si beau,
si beau l’amour qu’il me donnait,

Pourtant vois tu je suis tout la haut,
puisque le votre était mauvais…

 

23.05.2006

Perdu

Perdu le concours...

11.05.2006

Toujours regretté


Atelier d’écriture : À partir d’un prénom d’un de vos amis, imaginez un personnage. Ecrivez le premier contact avec ce personnage, que ce soit dans un roman, une nouvelle.
    

 

   C’est une bien triste histoire. Je m’appelle Erwann, et je suis mort. J’aurai pu me contenter d’une simple annonce dans la rubrique nécrologique d’un quotidien, quelque chose de sobre et de sombre. J’aurai pu me satisfaire de quelques lettres calligraphiées sur la papier crème d’un faire part de décès. Mais non, demain, je ferai la Une. Quelle extravagance, quel culot. C’est ce qu’ils penseront tous en voyant les gros titres. Même mort, il veut nous éblouir. Quelle ingéniosité, quel prestige, s’exclameront les plus admiratifs. Et ils verront les clichés. Ceux d’un pauvre homme dans la trentaine abattu comme un chien dans une ruelle déserte, pour quelques malheureux dollars. Ils verront les néons, les spotlights et toutes les enseignes des bars du coin. Ils entendront la musique, les annonces du DJ, les bolides qui sifflent comme des coucous et les cris des passants. Ils sentiront les poubelles, l’alcool, cette sale odeur de vomi et d’amour furtivement fait. Et au milieu de tout ça, un cadavre, mon cadavre. Grand, brun, mince, mal rasé, mort. Philatéliste, amateur de bacon et d’œufs brouillés, sportif, fumeur, mort. Fils unique, célibataire, divorcé, débauché, dépravé, mort. Et ils parleront. J’étais le pire des enfoirés, mais dieu sait que je serai un modèle pour tous, un bel exemple. Mon divorce ? Une erreur de parcours. La drogue ? Un égarement. L’alcool ? Une consolation. Le sexe ? Une quête existentielle. La mort ? Ma rédemption. Allez va. Parlez, pleurez, riez, chantez, dansez, priez, criez. Qu’est ce que j’en ai à fouttre ? Je suis mort.